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Quels scénarios peut-on envisager pour la reprise immobilière en sortie de crise ?

Le gel du marché immobilier engendré par les mesures de confinement va-t-il durablement impacter le secteur ? Quels sont les scénarios envisagés en sortie de crise ? Le point sur les pronostics.

Publié le 05/14/2020

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La pandémie de Covid-19 a provoqué une crise sanitaire mondiale sans précédent. En France, les mesures de confinement prises par le gouvernement ont entraîné un gel inédit de l’activité immobilière. Après cette paralysie de plusieurs semaines, le marché immobilier s’en sortira-t-il indemne ou presque ? Sur quels scénarios de reprise tablent les pronostics ? Volume de transactions, évolution des prix, crédit… À quoi doivent s’attendre les particuliers et les professionnels de l’immobilier à la levée du confinement ? Éclairage sur les différentes hypothèses de sortie de crise. 

 

Immobilier : une valeur refuge aux fondations solides

Depuis le 17 mars, date marquant le début du confinement en France, l’activité immobilière est totalement à l’arrêt. Face aux interdictions d’exercer pour les domaines dits « non essentiels », les agences immobilières ont dû fermer leurs portes et les promoteurs immobiliers cesser temporairement leur activité. Plus de visites pour les acquéreurs potentiels, les transactions ont été automatiquement mises en stand-by durant cette période. En effet, impossible par exemple, de récupérer auprès des mairies ou des syndics des documents indispensables pour conclure une vente. 

À l’issue du déconfinement, effectif depuis le 11 mai, les professionnels de l’immobilier vont donc s’évertuer à rattraper le retard accumulé et boucler les ventes initiées avant le confinement. Selon Thierry Delesalle, notaire parisien interrogé par les Echos, seulement 10% des ventes immobilières entamées pré-confinement ont finalement pu être régularisées. 

 

Sortie de crise : une reprise en U pour les optimistes 

Concernant la reprise, s’il reste particulièrement compliqué d’établir des projections dans ce climat d’incertitude, certains experts estiment que le secteur immobilier jouera à plein sa fonction de valeur refuge, et devrait pouvoir repartir à la hausse à moyen terme. Excepté en cas de crise économique profonde et durable, impliquant un chômage massif et de nombreux dépôts de bilan, l’immobilier devrait donc pouvoir compter sur ses solides fondations pour espérer un redémarrage de l’activité. 

Après avoir été paralysé pendant de longues semaines, c’est plutôt une reprise graduelle – en U – qui se dessine pour l’immobilier. Un sondage réalisé par Meilleurs Agents semble d’ailleurs conforter ce point de vue, les ménages interrogés déclarent vouloir maintenir leur projet d’achat immobilier prévu en 2020. Une étude réalisée par Consortium immobilier va dans le même sens, notant que 50% des sondés se disent prêts à acheter un logement en 2020. Et bonne nouvelle ! 

Les taux d’intérêt devraient rester bas, même si les délais d’obtention des prêts immobiliers auprès des banques pourraient être allongés, celles-ci étant fortement mobilisées au chevet des entreprises. 

Toutefois, en raison des deux mois d’inactivité forcée, le volume global de transactions devrait marquer le pas sur l’année 2020, avec une baisse de 25% au minimum du volume des ventes par rapport à l’année 2019. Dans le cas d’une crise plus durable, les ventes - de logements neufs et anciens - pourraient chuter de 40%, et le marché, ne retrouver son rythme de croisière qu’à la fin de l’année 2021. 

 

Baisse des prix, envie de campagne, vendeurs inattendus : les conséquences du confinement 

Autre inconnue qui pourrait booster l’activité du secteur sur la seconde partie de l’année 2020 : des ventes « non prévues » découlant de la crise sanitaire, comme les ventes intervenant dans le cadre d’une succession ou à la suite d’un divorce. Autre évolution constatée post-confinement sur le marché de l’immobilier : une envie de se mettre au vert des acheteurs potentiels, envisageant de vendre pour s’installer dans une habitation plus spacieuse, avec un espace extérieur, dans les zones péri-urbaines, voire rurales. Après avoir souffert de l’exiguïté des appartements de centre-ville, les citadins semblent de plus en plus nombreux à rechercher une maison en campagne. 

Si les Français restent enclins à investir dans un achat immobilier en 2020, 43% d’entre eux misent sur une baisse des prix du marché. Un phénomène inéluctable selon les experts. Mécaniquement, la crise économique va occasionner une crispation de la demande. La diminution de la tension immobilière associée, va se traduire par une diminution des tarifs sur le marché immobilier. 

 

Confinements répétés ? La crainte d’un scénario en W 

La plus grande inquiétude des professionnels du secteur de l’immobilier reste un scénario de reprise en W. Concrètement, un confinement haché, avec plusieurs périodes de confinement se succédant. Le secteur de l’immobilier peinerait alors à retrouver le niveau d’activité d’avant crise et serait affecté plus durablement. Pour que le marché retrouve un bon niveau de croissance, les acquéreurs potentiels doivent retrouver la confiance d'avant crise, un élément clé pour entreprendre un achat immobilier.